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23 janvier 2018IIIème Agor@ du FIC : Le quinquennat sera-t-il Cyber ?

En 2017, le monde comptait 3,7 milliards d’internautes et 10 milliards de machines connectées. En 2022, on dénombrera 4,5 milliards d’internautes et plus de 80 milliards de machines connectées. La transformation numérique n’est pas linéaire mais exponentielle ! Pour la France, il s’agit de s’engager dans une course de vitesse, tout retard étant doublement sanctionné du fait de l’accélération de la mutation en cours. La réussite tient compte de très nombreux facteurs cumulatifs : formation, soutien à l’innovation, accès aux financements, « agilité » de l’administration, attractivité du territoire, etc. La France ne peut rien sans l’Europe, mais l’Europe ne peut (presque) rien sans une France numériquement forte.

La IIIème Agor@ du FIC, organisée au cours du FIC 2018 le 23 janvier 2018 au Grand Palais de Lille, présidée par le Général Marc Watin-Augouard et animée par Mélanie Benard-Crozat a donné lieux à des échanges avec un député européen et plusieurs parlementaires français, interrogé par plusieurs experts, sur les questions suivantes:

La France : comment peut-elle compter en 2022 parmi les « puissances numériques » ?

  • Comment l’Etat peut-il lui-même adapter son organisation, sa législation, ses modes d’action pour au moins ne pas être un frein, au mieux créer un écosystème favorable et accompagner la transformation numérique ?
  • Comment construire une politique public/privé inédite ? Jusqu’où peut-on aller dans cette coopération ?
  • Comment développer une véritable stratégie du numérique (industrie et services) en favorisant la formation, l’innovation, la R&D, l’essor des start-ups (et leur maintien sur le territoire national), la création d’entreprises à taille internationale ?
  • La transformation numérique peut-elle s’opérer à droit constant ou en faisant évoluer le droit, notamment le droit public ?
  • Loi TPE-PME : que penser d’un small business act ?
  • La stratégie de la France doit-elle s’ouvrir à des partenariats forts, bilatéraux (axe franco-allemand) ou multilatéraux (France-Allemagne-Italie-Espagne) ?
  • Quel est le regard porté « Outre-Rhin » sur un tandem franco-allemand ?

L’Europe se « réveille »… Mais ne doit pas « se lever du pied gauche »…

Longtemps absente, l’Europe et ses institutions se réveillent : en témoignent : le règlement sur le « Marché unique du numérique », le règlement e-IDAS, le règlement RGPD, la directive NIS (en cours de transposition dans la loi française), le projet de règlement ou directive free flow of data, le « paquet cyber » (sommet de Tallinn du 29 septembre 2017 des chefs d’Etats et de gouvernements), ou encore la jurisprudence de la Cour de Justice de l’Union Européenne -CJJUE (droit à l’oubli, arrêt Safe Harbor).

  • Faut-il s’en remettre à l’Europe pour le développement d’entreprises « leader » ?
  • Innovation numérique : le fonds d’urgence pour la recherche technologique est-il la solution pour développer des technologies ou des services « made in Europa » ?
  • Cybersécurité : le rôle de l’Europe est encore à préciser : transformation de l’ENISA en Agence européenne de Cybersécurité, création de labels européens « moins-disants » se substituant aux certifications et labels nationaux, etc.  L’Europe doit-elle agir de manière subsidiaire (la cybersécurité étant par essence un domaine de souveraineté) ou supranationale ?
  • Qu’attendre de l’Europe en matière de lutte contre la cybercriminalité (traçabilité, lutte contre la fraude, poursuites pénales) ?
  • L’Europe « cyber » doit-elle se construire à 28 (ou 27) ou bien emprunter le modèle de la CECA pour monter progressivement en puissance ?
  • Comment l’Europe peut-elle, en s’appuyant sur des Etats ayant réussi leur transformation numérique (la France, espérons-le), offrir une « troisième voie gaullienne » entre les Etats-Unis et la Chine, superpuissances déjà établies, qui soit une référence pour le reste du monde ? L’Europe sera-t-elle numérique ou ne sera pas ?

Animation par :

Interrogés par les experts :

Interrogés par les experts : 

  • Gilles Fontaine, Rédacteur en chef délégué de Challenges
  • Nicolas Miailhe, Co-fondateur, The Future Society at Harvard Kennedy School
  • Jérôme Perrin, Délégué adjoint à la Délégation Ministérielle aux Industries de Sécurité et à la lutte contre les cybermenaces (DMISC)